SANS LE TRAC.
Un dirigeant qui présente sa vision, une experte qui explique son métier, un salarié qui raconte son quotidien : l'interview face caméra est le format le plus utilisé en vidéo d'entreprise, et le plus facile à rater. Sa réussite se joue presque entièrement avant le tournage : les questions, le lieu, la lumière, le son, et la façon dont l'équipe met à l'aise une personne qui n'a parfois jamais été filmée.
L'essentiel en 30 secondes
- On part du message et du format de diffusion, pas de la caméra.
- Six à huit questions ouvertes, des thèmes partagés à l'avance, jamais un texte à apprendre.
- Un lieu calme compte plus qu'un beau décor : le son trahit tout de suite une interview improvisée.
- On prévoit du temps pour l'installation et la mise en confiance : les meilleures réponses arrivent rarement à la première prise.
Avant le tournage : partir du message
Une interview vidéo n'est jamais une fin en soi. Dans la communication audiovisuelle d'une entreprise, elle sert un film d'entreprise, un film institutionnel, un témoignage client, une vidéo de marque employeur ou une série de contenus pour LinkedIn. Dans la réalisation d'un film, ce point de départ change tout : un film de deux minutes pour votre site ne se prépare pas comme une série de capsules verticales sous-titrées de 45 secondes. Le format de diffusion décide de la durée des réponses, du cadrage (horizontal, vertical ou les deux) et du besoin de sous-titres. L'interview doit aussi trouver sa place dans votre stratégie de communication vidéo : ce qu'elle dit doit servir votre image, pas seulement remplir un calendrier de publications.
C'est le rôle de la pré-production, menée avec le réalisateur : faire le casting des intervenants, c'est-à-dire choisir la bonne personne à interviewer, pas forcément la plus haut placée mais celle qui parle le mieux du sujet, fixer trois ou quatre messages clés, repérer le lieu et lister les plans de coupe à tourner autour de l'interview (gestes du métier, locaux, équipe au travail). Un brief clair d'une page vaut mieux qu'une longue réunion le jour du tournage.
Côté équipe, une société de production audiovisuelle mobilise en général un réalisateur, qui prépare et mène l'échange, un cadreur (le cameraman) et, selon le projet, un ingénieur du son. Sur une interview, c'est ce trio qui fait la qualité du tournage vidéo, bien plus que la quantité de moyens techniques engagés.
Tourner en interne ou faire appel à une boîte de production ?
Une interview filmée au smartphone peut suffire pour un message interne rapide. Dès que la vidéo représente votre entreprise à l'extérieur, sur votre site, sur YouTube ou dans une campagne, la production et la réalisation demandent un vrai savoir-faire : une lumière ratée ou un son couvert se voient tout de suite. Une agence audiovisuelle, ou une agence de communication qui intègre la production du film, apporte l'équipe, le matériel et la méthode.
Pour choisir, regardez les films d'entreprise que la boîte de production a déjà signés et demandez un devis détaillé. Pour chaque projet, d'un film publicitaire à un simple reportage vidéo, votre budget dépend surtout du nombre de jours de tournage, d'intervenants et de lieux : nous le détaillons dans notre article sur le coût d'une vidéo d'entreprise.
Quel type de film autour de l'interview ?
L'interview est rarement un film à elle seule : c'est la colonne vertébrale de nombreuses productions audiovisuelles, des films d'entreprise aux films institutionnels et aux documentaires de marque. Avant de parler technique, il faut savoir dans quel projet audiovisuel elle va s'inscrire, car la préparation change d'un format à l'autre.
Le film corporate ou film institutionnel : le dirigeant présente l'entreprise, sa vision, ses valeurs. L'interview porte le récit, les prises de vues des locaux et des équipes l'illustrent.
Le témoignage client ou salarié, souvent tourné comme un reportage : une ou plusieurs personnes racontent une expérience concrète, sur leur lieu de travail.
Le portrait, plus proche du court-métrage documentaire : on suit une personne, et l'interview se mêle à des scènes de sa journée.
La série de capsules pour les réseaux sociaux ou YouTube : une question par vidéo, des réponses courtes, un cadrage vertical prévu dès le tournage.
Le teaser ou la vidéo événementielle : on va capter quelques phrases en marge d'un salon ou d'une conférence, montées avec les images de l'événement ou la captation de la scène.
Selon le projet, la post-production enrichit ensuite l'interview : une voix-off pour relier les séquences, un habillage graphique ou du motion design pour faire apparaître un chiffre clé, ou une prise de vue aérienne au drone pour situer un site industriel. Ces vues aériennes supposent un vol encadré par les règles de la DGAC. Tous ces choix se décident dès la pré-production, parce qu'ils changent ce qu'il faut filmer le jour J.
Préparer les questions, pas un texte
L'erreur la plus fréquente consiste à écrire les réponses et à demander à l'interviewé de les apprendre. Le résultat se voit immédiatement : un regard qui cherche le texte, des phrases trop écrites, une intonation récitée. Une bonne interview se prépare comme une conversation.
Six à huit questions ouvertes suffisent pour un film de deux à trois minutes : « Comment… », « Pourquoi… », « Racontez-nous… », jamais des questions fermées auxquelles on répond par oui ou par non.
On envoie les thèmes à l'avance, pas un script : la personne réfléchit à ses exemples sans figer ses phrases.
On demande une réponse qui reprend la question (« Ce qui me plaît dans mon métier, c'est… ») : la voix de l'intervieweur disparaît au montage, la réponse doit se comprendre seule.
On garde une dernière question ouverte, du type « Qu'est-ce qu'on n'a pas abordé et qui compte pour vous ? » : elle donne souvent la meilleure phrase du film.
Restent les choix techniques, à trancher avant le tournage. Voici ceux que nous posons systématiquement avec nos clients.
| Décision | Les options | Notre conseil |
|---|---|---|
| Regard | Vers la caméra, ou vers l'intervieweur placé à côté | Hors caméra pour un témoignage, plus naturel. Face caméra pour un message de dirigeant ou une prise de parole directe. |
| Lieu | Bureau, salle de réunion, atelier, studio | Un lieu qui raconte votre activité, calme, avec de la profondeur derrière la personne. |
| Son | Micro-cravate, micro perche, ou les deux | Les deux : le micro-cravate assure la clarté, la perche sécurise la prise et donne un son plus naturel. |
| Caméras | Une ou deux caméras | Deux angles, un plan large et un plan serré, pour couper au montage sans que cela se voie. |
| Questions | Script écrit ou grands thèmes | Les thèmes, partagés quelques jours avant. |
| Durée | 20 à 45 minutes d'échange par personne | Prévoir aussi l'installation du plateau, souvent une heure, avant l'arrivée de l'intervenant. |

Le jour J : lieu, cadre, lumière et son
Sur place, l'équipe de tournage arrive avant l'intervenant pour installer le plateau de captation vidéo. Quatre points font la différence entre une interview amateur et une prise de vue professionnelle, presque cinématographique.
Le cadre : la personne légèrement décentrée, un arrière-plan avec de la profondeur plutôt qu'un mur blanc collé dans le dos, et un plan serré en plus du plan large pour rythmer le montage.
La lumière : une source douce et principale sur le visage, en évitant les néons du plafond et les contre-jours de fenêtre. Une interview se juge d'abord à la qualité de la peau et du regard.
Le son : climatisation coupée, téléphones en mode avion, porte fermée, panneau « tournage en cours ». Une image moyenne passe encore, une voix couverte par un bruit de fond fait décrocher le spectateur en quelques secondes.
Les plans de coupe : tournés avant ou après l'interview, ils illustrent le propos et permettent de couper dans les réponses sans que cela se voie.
Mettre à l'aise la personne interviewée
Le trac est normal, même chez des dirigeants habitués à prendre la parole en réunion. Notre rôle est de le faire baisser avant la première question. Concrètement, on explique le déroulé, on montre le cadre sur le moniteur, on rappelle que ce n'est pas du direct et qu'on peut reprendre une phrase autant de fois que nécessaire. Les premières minutes servent souvent d'échauffement, sans enjeu. C'est là que l'expérience des réalisateurs compte le plus.
Pendant l'échange, l'intervieweur regarde la personne, acquiesce sans parler et relance avec une question courte quand une réponse s'arrête trop tôt. C'est une conversation, pas un interrogatoire. Côté tenue, la consigne est simple : des vêtements dans lesquels la personne se sent bien, unis plutôt qu'à fines rayures ou à petits carreaux, qui créent un effet de moiré à l'image.
On ne prépare pas un texte.
On prépare une conversation.
C'est la méthode que nous avons appliquée pour Medin+, acteur de la téléradiologie, avec des tournages partout en France et des intervenants aux profils très différents : cadres de santé, médecins, directeurs d'établissement.
Les erreurs qui se voient à l'écran
Un texte appris par cœur, récité les yeux dans le vide.
Un open space ou un hall bruyant choisi au dernier moment.
Trop d'intervenants dans un même film, qui diluent le message.
Une seule caméra et aucun plan de coupe : impossible de raccourcir une réponse proprement.
Un créneau de quinze minutes entre deux réunions : la personne arrive stressée et repart avant d'être à l'aise.
Après le tournage : post-production, sous-titres et validation
En post-production, le montage vidéo, confié à un monteur, transforme quarante minutes d'échange en deux minutes qui racontent une histoire : on sélectionne les meilleures réponses, on construit le récit, on intègre les plans de coupe. Viennent ensuite l'étalonnage, le mixage du son et les sous-titres, indispensables puisqu'une grande partie des vidéos sur les réseaux sociaux est regardée sans le son. Les formats verticaux se préparent dès le tournage, en laissant de l'air autour du visage.
Dernier point, souvent oublié : le droit à l'image. L'article 9 du Code civil protège la vie privée, et la jurisprudence en a tiré le droit de chacun sur son image. Pour une interview, une autorisation écrite précisant les supports, l'usage et la durée de diffusion est indispensable, y compris pour un salarié : le contrat de travail ne vaut pas accord. Mieux vaut aussi prévoir dans l'autorisation ce qui se passe en cas de départ de l'entreprise.
Vous préparez des interviews pour votre site, vos recrutements ou LinkedIn ? Découvrez notre offre de vidéo corporate à Paris et notre page vidéaste à Paris, parcourez nos réalisations, ou parlez-nous de votre projet. Film corporate, reportage ou capsules pour les réseaux sociaux : que vous prépariez la réalisation d'une vidéo courte ou d'un film institutionnel complet, nous préparons l'interview avec vous et assurons la production vidéo de bout en bout, de la liste des questions au montage final.
FAQ INTERVIEW VIDÉO.
Faut-il envoyer les questions à l'avance ?+
Oui pour les thèmes, non pour un texte. Envoyer les grandes questions quelques jours avant permet à la personne de choisir ses exemples. Lui demander d'écrire ses réponses produit presque toujours un discours récité.
Combien de temps dure le tournage d'une interview ?+
Comptez souvent une heure d'installation, puis 20 à 45 minutes d'échange par personne, plus les plans de coupe. Avec plusieurs intervenants le même jour, on garde le même plateau et on enchaîne les passages.
Faut-il regarder la caméra ?+
Pas forcément. Pour un témoignage, la personne regarde l'intervieweur placé juste à côté de l'objectif : c'est plus naturel. Le regard caméra convient à un message direct, comme les vœux d'un dirigeant, et demande plus d'aisance.
Que porter pour une interview vidéo ?+
Une tenue dans laquelle on se sent bien et qui correspond à son rôle. On évite les fines rayures et les petits motifs, qui créent du moiré, ainsi que le blanc pur ou le noir intégral. Prévoir une deuxième tenue reste une bonne idée.
Peut-on tourner l'interview dans nos bureaux ?+
Oui, c'est même souvent le plus authentique. Il faut une pièce calme, si possible avec de la profondeur, et pouvoir couper la climatisation pendant les prises. Un repérage ou quelques photos envoyées à l'avance suffisent à valider le lieu.
Faut-il une autorisation pour filmer un salarié ?+
Oui. Une autorisation écrite de droit à l'image, précisant les supports, l'usage et la durée de diffusion, doit être signée avant la diffusion, même par un salarié. Le contrat de travail ne suffit pas.









